.Mes yeux sont tristes parfois et ma bouche ne sait pas sourire. Tu le remarques souvent. Mon corps n'a pas envie d'avancer, mes bras se retrouvent ballants. J'ai trop de fois l'impression de stagner, de ne plus avancer. Et je reste là, sans trop vraiment savoir où aller. Je me perds et j'attends, en vain. J'essaie de mettre des mots sur ce que je ressens. Je te regarde et je souris. Je ferme les yeux mais tu disparais. Je t'appelle dans le noir parce que je ne sais plus deviner ta présence. Je tourne en rond et je te cherche alors que tu te trouves tout près. J'ai l'impression d'avoir quitté mon enveloppe corporelle, de m'être déplacée, d'être ailleurs sans pouvoir distinguer où je me trouve. Ma vue se trouble et je ne sais toujours pas comment te retrouver. Mes mots se perdent et je ne sais plus quel est ton nom, quelle est ta nationalité. Je ne sais plus si je suis moi et si je suis quelqu'un d'autre. Je ne sais plus si j'ai froid ou si j'ai peur. Je me retourne et je me renverse. J'ai trop souvent l'impression d'être écrabouillée. Un poids m'appuie sur les épaules et je n'en peux plus d'essayer de rester droite sans savoir pourquoi. Je tourne en rond et je perds mes repères. Je ne sais plus si je serais assez forte demain. Je ne sais plus comment ouvrir les yeux lorsque je les ferme et ton visage s'efface. Tes traits deviennent de plus en plus flous. C'est mon cerveau qui en devient complètement fou. Je reste là et je ne sais plus faire face. Je reste là et je suis toujours de glace. Je me tais et ça t'énerve. Je m'éteins un peu. A petit feu. Au fond, c'est peut-être la fin. Je ne sais plus faire confiance. Je ne sais plus me confier, même pas à moi-même. Je reste là, je tourne en rond. Je cherche quelque chose. Je cherche quelqu'un. Je cherche à mettre des mots. Je cherche à m'étendre, m'épanouir. A grandir. J'essaie d'avancer mais mes jambes ne répondent plus, comme mon c½ur ne bat plus. J'écris des charades pour avoir des énigmes à résoudre, pour ne plus avoir le temps de chercher mes mots, ne plus avoir à trouver ce que je dois dire de moi parce qu'il ne reste plus grand chose de moi-même. Je cherche encore. Je tourne en rond et je cours après rien du tout. Je cours, je cours toujours et je m'essouffle. J'aimerais savoir. Juste savoir et m'attraper la main pour me sauver de ce que je suis, de ce qui m'étouffe et ce qui m'enlise dans mes tours de glace. Je reste là. Je cherche un toit à appeler maison. Je cherche une main, une oreille, une écoute. Je cours après le temps. Celui là me rattrape et je trébuche. Je chute, c'est peut-être la fin. Mais je reste là et j'attends. J'attends que le vent ne cesse de souffler si fort. J'attends que le temps vienne. J'attends que quelqu'un ne réponde aux SOS que je ne lance pas. Je reste là et je tourne en rond. Je vais, je viens, je respire, en vain. J'aime, je hais. Je t'aime, je te hais. Je ne sais plus quoi dire et je ne sais plus s'il faut partir. J'attends et je reviens. Je respire et je me dédouble comme si mes muscles avaient perdus le contrôle de mon corps. J'ai perdu le contrôle de moi-même et je ne sais plus qui je suis. J'ai peur. J'aimerais rentrer chez moi. Me cacher sous les draps. Mais je ne sais plus où j'habite. J'essaye de faire face, encore et encore jusqu'à ce que mon corps ne lâche prise. Je me lâche la main et je m'éloigne de ce que je ne suis déjà plus. Je suis lâche et je me suis lâchée moi-même. J'ai peur de ne plus avoir d'emprise sur le reste de mon existence. J'ai peur que le mur ne glisse, ne m'écrase. Je tourne en rond et je me construis des tours de Pise qui s'élancent dans le ciel trop vite, tellement vite qu'elles s'effondrent. Je tombe à genoux, je passe mon temps à me demander pourquoi. J'essuie les meubles parce que je ne sais plus essayer mes larmes. Et j'attends. J'attends de pouvoir réussir à prendre la fuite à nouveau. M'élancer vers l'horizon et me balancer mes vérités à la face. Danser et dormir. Mais je me torture. C'est la fin, peut-être. C'est certainement ça. Et c'est peut-être pour ça que je n'arrive plus à te faire confiance. Et c'est peut-être pour ça que, prince charmant, tu es redevenu crapaud.
Je ne sais plus m'enfuir. Je ne sais plus qui tu es. Je ne sais plus si tu dois rester, si tu dois partir. Je ne sais plus si t'aimer en vaut encore la peine ou si j'aurais encore le courage d'avoir de la peine. Je n'ai pas la moindre idée de la façon dont tu t'y prendrais pour sécher mes peines et c'est sans doute pour ça que je préfère les avaler et les garder dans le plus profond de moi-même jusqu'à me perdre en route. J'attends et je t'attends toujours. Si mes bras ne répondent plus, les tiens ne me soutiennent pas. Si mes yeux ne veulent plus s'ouvrir, tes mots ne me consolent pas. Si mon coeur tremble, je ne sais pas ce que le tien ressent. Tu restes de glace quand j'essaye de m'effacer. Si mes mains se referment sur du vide, si mes bras ne font que prendre soin de ce que je ne suis plus, si mes larmes roulent mais se refusent à couler, si j'attends, si je me perds encore, c'est peut-être que c'est la fin, après tout. La fin de qui, la fin de quoi ? Au fond, je ne sais pas ce que nous sommes, ce que nous devons ou ce que nous pouvons être parce que si je ne sais plus parler, toi, tu sais très bien comment ne pas m'aimer. Et c'est ça qui fait mal, au final. C'est ça qui fait que tu me manques même lorsque tu es tout près. C'est ça qui fait que lorsque ta main serre la mienne, je ne ressens plus rien.
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