Au début, au début, on se dit qu'on s'oubliera pas. On appellera, on le jure qu'on appellera. C'est comme ça. L'avion est sur le point de s'envoler et on s'embrasse et on s'enlace et on se promet. On se promet tellement. On s'aime, ça se voit et ça continuera. Au début, c'est comme ça. Quand l'avion atterrit, on s'appelle. On s'appelle et ça dure des heures. Des heures entières à se rappeler, à remémoriser comme si on recréait nos instants envolés. Et on rigole, et on pleure un peu. De toute façon, on a que ça à faire. Plus que ça à faire. Parce que c'est comme ça, on peut pas traverser l'océan comme ça.
Au début, on se sent mal. On manque. On tourne en rond, on a laissé échapper une partie de nous même. Ça fait un peu bizarre. Puis, on s'y habitue. C'est vraiment bête à dire mais on s'y habitue. On s'appelle moins. On se parle moins. On se souvient moins. Et, on s'en rend même pas compte. On trouve ça peut-être normal, au fond. La vie sépare les gens. Les gens pas assez engagés à sauver des relations qu'eux-même disaient éternelles. On va travailler. Toujours plus travailler. On est plus des enfants, on dirait. On grandit et nos vies aussi. On change et nos emploi du temps aussi. On est plus occupés. Et même si on ne l'est pas, on ne trouve pas le temps. Parce qu'on se dit qu'on est trop vieux et que le temps passe trop vite. Qu'on veut plus rater.
Au début, c'est comme ça. C'est toujours comme ça. On s'aime et on s'aimera. Finalement, on s'aime un peu moins, voire beaucoup moins. Il parait qu'on est encore quelque part dans le coeur, mais je n'en sais rien. Il parait qu'on y pense quand même, mais je ne crois pas.
Au début, on s'en va. Puis, c'est la fin.